LES OPERETTES D’OFFENBACH SONT TOUJOURS A L’AFFICHE

 

 

 

Annie Mullenbach-Nigay

Roman « récit-mémoire »

 

                            

  Trois familles, trois histoires, des vies qui s’entrecroisent entre Paris, la Picardie et le Moyen Orient. Trois familles, que le destin va réunir au rythme de l’Histoire, la Grande, de 1867 à nos jours. Des hommes et des femmes qui aiment, souffrent et espèrent, qui nous sont proches et pourraient être nos parents et grands-parents…

 

 

"Un livre plein de nostalgie, de joie et de coeur"

(Les Amis de Thalie)

  


  Août 1909

   Julienne a un secret. Un secret qui la glace et la réchauffe en même temps. Un secret qui lui taraude la tête et lui réjouit le ventre. Elle ne pense plus qu’à ça depuis quelques semaines. Elle y pense le matin en faisant sonner ses galoches sur les chemins pour se rendre à l’usine de soie. Elle y pense le soir à la maison en s’occupant de ses derniers frères et soeurs. La nichée est grande et on ne compte pas sa peine dans la famille, sa mère encore moins que les autres. Quelle sera sa réaction lorsqu’elle saura ? Julienne a des craintes mais elle ne regrette rien. ...

 

            Chez l'auteur 12 euros

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Printemps de poètes + journée de la femme

= un poème

 


 "  Les demoiselles"

 

 

J’en ai connues de ces vieilles demoiselles

Le cou toujours barré d’un trait de velours noir

Dans leurs mains de mitaines reposait un missel

Au fond de leurs yeux pâles la ligne bleue des Vosges avait perdu l'espoir

                                                                            

 

Leurs jupes étaient trop longues leurs cheveux trop tirés

Elles hantaient les églises ignoraient les cafés

En perpétuels deuils d’éternels fiancés

Sur leurs lèvres trop fines la couleur des baisers s’était évaporée

 

Au fond d’une armoire pendait encore jaunie

Une robe rose ou blanche un bout de ruban bleu

La robe d’un dimanche où elles avaient dit oui

Où le ciel était clair et l’avenir radieux

 

Mais il y avait eu l’Alsace et la Lorraine

Honneur, devoir, patrie

Depuis tout petits on leur avait appris

 

Et ils étaient partis et elles étaient restées

Enseveli l’amour dans la boue des tranchées

Et leurs larmes taries à force de couler

Jamais ne ressuscitèrent les roses d’un été

 

Oui, j’en ai connues des vieilles demoiselles

Survivantes muettes d’un monde sans espoir

Les jeunes que nous étions parfois se moquaient d’elles

Plus tard nous l’avons su elles étaient notre mémoire

 

Annie Mullenbach- Nigay